L'énigme Renault - Schneider

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Entre Rochet-Schneider et Th. Schneider
 
Édouard Rochet rejoint en 1889 Théodore Schneider pour fonder, à Lyon, la Société de Construction Vélocipédique du Rhône, l’entreprise évoluera vers la construction d’automobiles. Elle s’y fera une place de choix et glanera de nombreux lauriers en compétition sous l’impulsion de Théodore Schneider.
 
En 1905 contre l’avis de Théodore Schneider, Edouard Rochet transfère le siège social de l’entreprise à Londres, dans le but de conquérir des parts de marché au Royaume Uni.
Théodore Schneider, même s’il conserve sa place au conseil d’administration, est alors écarté du pouvoir.
 
Cependant, il reste un compétiteur. On peut penser qu’une activité réduite lui pèse, d’autant plus qu’il ne fondera l’entreprise de construction automobile Th. Schneider à Besançon [avec Louis Ravel] qu’en juin 1910. Ils dirigeront la firme ensemble jusqu’en 1914 mais qu’a-t-il fait entre 1905 et 1910 ?
 
La presse de l’époque,  dans les articles consacrés aux  courses automobiles, mentionne, à partir de 1908 le nom d’une marque associant deux noms connus : Renault et Schneider. Cette marque engage des voitures immédiatement en compétition. Une question se pose : le Schneider en question se prénomme-t-il Théodore ? Il est légitime de se poser la question, cette marque n’engagent plus de voitures en course courant 1910.

Schneider avant Besançon
Chronologie

  1. L'annuaire de l'Automobile Club de 1902, indique que Théodore Schneider (de Rochet-Schneider), est ingénieur et demeure 26 cours Morand à Lyon.
  2. Salon de l’Auto de Paris du 28 novembre au 13 décembre 1908. L’emplacement n° 72 de la Grande Nef est attribué à Renault-Schneider, le 36 à Renault frères.  Il y a donc bien deux constructeurs distincts Renault et Renault–Schneider qui participent à ce salon.
  3. Le 6 janvier 1909 Renault-Schneider engage trois voitures dans la coupe des voiturettes organisée par le journal L'Auto. On constate que Renault-Schneider est éligible à participer aux Grands Prix organisés par une structure de l’Automobile Club de France. C’est donc une entreprise.
  4. Le 1° juin 1909, à l'occasion de la coupe des voiturettes du 20 juin 1909 à Dieppe, un journaliste du journal l’Auto, écrit que la Société des Moteurs et Automobiles Renault-Schneider est dirigée par un directeur « sympathique » et « distingué ».  Au ton employé dans l’article, on devine que le Directeur et le journaliste se connaissent et partagent un secret : le nom du Directeur, qui ne sera pas cité dans l’article. N’oublions pas que Th. Schneider est un compétiteur toujours membre du Conseil d’Administration Rochet-Schneider.
  5. Le 2 juin 1909, pour la même course, à l’occasion du tirage au sort du numéro des voiturettes, Renault-Schneider engage trois voitures, on remarque que la n° 7 est  pilotée par Renault-Schneider. Visiblement le pilote ne veut pas révéler son nom. Surprenant également, les deux autres voitures engagées sont pilotées par X, le nom des pilotes n’est pas révélé.
  6. Le 4 juin 1909 l’Auto-Vélo, dans le cadre de la coupe des voiturettes, publie un article sur la Société des Automobiles Renault-Schneider ou l’on apprend que le « sympathique » Directeur est ingénieur et a donné son nom à l’entreprise. Nous avons vu ci-dessus que Théodore Schneider est ingénieur.  Louis Renault ne l’est pas, il aurait refusé de faire Centrale.
  7. En 1911, une Renault-Schneider sera mise en vente par petites annonces. Les Renault-Schneider ont bien été commercialisées.
  8. Extrait d’un jugement du tribunal de Besançon le 25 novembre 1912 : « … Attendu que les appelants ont contracté d’abord avec Théodore Schneider, alors qu’il exploitait seul une firme d’automobiles … »  Donc, Louis Renault ne participe pas à la Direction de Renault-Schneider. Th. Schneider était en procès avec les Forges de la Maladière Bouthéon & Dubreuil à L'Horme (Loire) Les Forges de la Maladière, fondées en 1902 par MM. Bouthéon et Dubreuil, fabriquaient avant la guerre [14 - 18] des pièces forgées au marteau-pilon pour les chemins de fer, la marine, l'artillerie, l'industrie mécanique et l'industrie automobile.
 
Conclusion
 
Théodore Schneider a bien dirigé seul l’entreprise Renault-Schneider, implantée à Saint Etienne, à quelques kilomètres de Lyon, donc de Rochet-Schneider !

Article de L.-B. Fanor du 4 juin 1909, journal L'Auto

LA COUPE DES VOITURETTES
A Propos des RENAULT - SCHNEIDER


Nos lecteurs ont pu voir dans notre numéro de mardi l'engagement des trois voiturettes de la Société des Automobiles Renault-Schneider et cette nouvelle firme a profité de la Coupe de l'Auto pour se signaler à l'attention du monde de l'automobile.


A vrai dire, si ces voitures sont nouvelles, le sympathique ingénieur qui les a conçues et construites et qui leur a donné son nom, est presque, un ancien dans l'industrie automobile et suffisamment connu pour que nous m'ayons pas ici à le présenter à nos lecteurs. Néanmoins, qu'il nous soit permis de dire que c'est, un modeste le type du vrai « bucheur » connaissant à fond et aimant cette industrie de l'automobile et, qui en maintes circonstances en tant que collaborateur on a pas su ou voulu comprendre.

Et pourtant, quelle jolie..., très jolie petite voiture 4-cylindres ne vient-il pas de construire sains aucun bluff nous pouvons affirmer qu'elle possède tous les derniers perfectionnements et que c'est un petit chef-d'œuvre et qu'elle sera une révélation dans notre industrie.


En créant cette voiture légère (car, en réalité, ce n'est pas une voiturette mais bien une voiture légère) il a pu appliquer ses conceptions mécaniques, personnelles et dans l'épreuve on la considérera comme le tenant de la meilleure formule : la régularité soutenue ; qualité que les vrais connaisseurs en, mécanique placent au-dessus du succès purement sportif.


Voilà une bonne nouvelle pour Messieurs les Agents.


Du reste, nous en reparlerons, car le sujet en vaut la peine.


L.-B. Fanor

En savoir plus :  Accéder au jugement

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