La période lyonnaise de Théodore Schneider

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Rochet - Schneider

  • Édouard Rochet rejoint en 1889 Théodore Schneider, ils forment en 1894 la « Société lyonnaise de Construction de Vélocipèdes et d’Automobiles Rochet-Schneider », parmi les premiers souscripteurs se trouvent Auguste et Louis Lumière,
  • Un repas offert par la Chambre syndicale de la carrosserie, dans le cadre de l'exposition internationale de Lyon, réunit en novembre 1894, MM Rochet, Schneider, le carrossier Faurax et l'ingénieur Hob directeur des ateliers d'Oullins [Mécanique P.-L.-M.].
  • La société s’installe en 1895 à Lyon, 202 rue Paul Bert.
  • En 1897, 45 voitures sont fabriquées et deux d’entre elles sont exportées aux Etats-Unis, En 1898 la production atteint la centaine de véhicules.
  • 1900 sortie du 400e véhicule de la marque. La même année le brevet 297.131 est déposé par la  Société Lyonnaise de Construction d'Automobiles Rochet & Schneider, le 12 févr. 1900. — Régulateur pour moteurs à pétrole et à gaz.

...

  • Au Salon de Paris 1901, deux voitures de type Panhard furent présentées. "Tout le monde connaît, aujourd'hui de réputation les voitures et les voitures légères Rochet Schneider. La marque Rochet-Schneider fut d'abord connue à Lyon où elle vit le jour. En peu de temps la région du Rhône tout entière fut conquise et convertie aux Rochet-Schneider d'abord, puis à l'automobile en général. Cette œuvre de vulgarisation achevée, la marque Rochet-Schneider vint à Paris, et puisqu'il fallait des courses pour convaincre l'opinion, on engagea à Nice trois des nouvelles 4-cylindres 20-chevaux. Du premier coup le résultat convertit les plus sceptiques. Seules de toutes les marques engagées, la marque Rochet-Schneider vit tous ses véhicules terminer la course." [l'Auto-Vélo mai 1901]
  • A partir de 1903, avec la voiture 20/22 CV, la réputation des Rochet-Schneider se renforça en tant que voitures robustes et rapides.

Organisation

Schneider avant Besançon


L'organisation de l'entreprise interroge, l'un des fondateurs ne semble pas la co-diriger. [l'Auto 14 décembre 1901].

En 1903, l'Annuaire des Grands cercles indique que Th. Schneider demeure 198 Boulevard Pereire, à proximité de l'avenue de la Grande Armée. En 1904, il habite 49 boulevard Gouvion Saint-Cyr, toujours dans le voisinage de la rue de la Grande Armée.

Pour 1902 se reporter page 3.



Schneider avant Besançon
En 1903 l'entreprise emploie des châssis Arbel. Ce châssis est d'une seule pièce pris dans une seule plaque de tôle d'acier, sans rivets, ni cornières rapportées : longerons, longeronnets, tôle de fond, traverses et mains-avant sont du même morceau.

Le journal Auto-Vélo rapporte : "La nouvelle 12-chevaux Martini
Récemment nous annoncions que bientôt l'on pourrait voir chez MM. Perrot-Duval et Cie, 239, boulevard Pereire, la nouvelle voiture Martini.
Cette voiture modèle 1903 est maintenant exposée dans les magasins du boulevard Pereire. Elle porte la marque Martini, licence Rochet-Schneider : c'est-à-dire qu'elle est fabriquée par la célèbre manufacture d'armes de Suisse. ... . 
Sa force de 14 chevaux la fait un peu plus faible que la 18-chevaux Rochet-Schneider, mais, par contre, elle est plus légère, et grâce à cette légèreté elle peut atteindre les mêmes vitesses ; elle a aussi l'avantage d'être un peu moins chère.
Le moteur est le même que celui de la Rochet-Schneider; il a le même alésage, seule la course est un peu réduite, d'où diminution de puissance mais davantage de douceur de marche....
"
 
Il ne semble pas que cette statégie commerciale soit la bonne : Rochet-Schneider alimente sa propre concurence, avec des produite moins performants certes, mais aussi moins chers !

La production passe de 100 voitures par an en 1901 à 250 en 1904, l’effectif est d’environ 300 personnes. 

La société part à la conquête du marché américain en signant des accords de licence aux États-Unis comme partout en Europe (Suisse, Belgique, Italie et Angleterre), Les Rochet-Schneider 1905 : les voitures Rochet-Schneider sont maintenant connues du monde automobile tout entier comme des voitures parfaites ayant les plus hautes qualités de souplesse, de puissance, de régularité, et aussi de vitesse
Leur fini impeccable, le fait qu'elles sont  munies des perfectionnements les plus récents et les plus ingénieux, mais toujours sérieusement étudiés et vérifiés par la pratique en font les voitures les plus appropriées au grand tourisme. Les châssis 1905 sont en acier embouti, très renforce, … . Les doux types établis pour 1905 … . Ces deux modèles permettent des carrosseries très confortables avec entrée latérale. [L'Auto-Vélo décembre 1904].

En 1905 Édouard Rochet contre l’avis de Théodore Schneider, transfère le siège social de l’entreprise à... Londres. Théodore Schneider, même s’il conserve sa place au conseil d’administration, est écarté du pouvoir.

Audit du Crédit Lyonnais de juiller 1906.

En 1906 on peut caractériser l'entreprise par : 

  • l'emploi de 600 ouvriers début 1905 contre 450 à 500 en juillet 1906
  • la production de 400 châssis en 1905, elle devrait être du même ordre en 1906.

L'usine qui se compose :

  • de bureaux commerciaux
  • d'un magasin de pièces brutes
  • d'un contrôle réception
  • d'un atelier de machines-outils : tours, aléseuses, raboteuses, perceuses et fraiseuses
  • d'un atelier d'ajustage et de montage
  • d'un atelier d'essai
  • d'un atelier montage châssis
  • d'un atelier de mise au point
  • d'une forge
  • d'un TTH (traitement thermique)
  • d'un atelier de chaudronnerie: capots, tuyauteries et réservoirs
  • d'un atelier de décapage
  • d'un labo d'essais chimiques.

Suite ...

L'entreprise possède également une carrosserie implantée à coté de la Mécanique. Les Rochet-Schneider peuvent être complètement fabriquées par la marque. La carrosserie se compose : 

  • d'une menuiserie, 
  • d'un atelier de peinture
  • de forges

En conclusion :

  • la visite a laissé une impression défavorable
  • plusieurs ateliers sont anciens et vides
  • beaucoup de machines outils sont démodées
  • les séries sont trop courtes, le nombre de types trop élevés
  • des erreurs techniques se sont produites en 1905, les frais engendrés en 1906 sont importants
  • les prix de vente sont supérieurs à ceux de la concurrence lyonnaise
  • la situation financière est très mauvaise
En 1906 toujours, les difficultés apparaissent : des constructeurs sous licence abandonnent, les nouvelles actions sont peu souscrites, La « Rochet Schneider Ltd » est dissoute à la fin de 1907, 1908, seuls 140 châssis sont fabriqués. 

Le 28 mars 1909 se déroule la course de côte de la Turbie [arrière pays niçois] à l'occasion de la semaine de Nice. Théodore Schneider y participe sur Rochet-Schneider. Il terminera 1° de la catégorie 6 cylindres.
Théodore Schneider démissionne de Rochet-Schneider en avril 1910, pour créer sa propre entreprise.

L'usine

L'usine

La voiture présidentielle (Poincaré 1913 - 1920)

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